Aujourd’hui, une petite note personnelle pour quelqu’un de très cher à mon coeur : ma mère qui depuis la naissance des enfants et arrières petits enfants on appelle affectueusement la Nonna. En fin d’article un poème lui est dédié.
La nonna est née le 11 février 1909 à Carreggine. Elle a maintenant plus de 98 ans ! Elle est la soeur ainée de cinq frères. Son père travaillait comme ouvrier « alle cave di marmo » à Massa Carrara, où l’on extrait encore de nos jours le marbre.
Cave di marmo
Issue d’un milieu modeste, il lui fallut travailler tôt pour aider la famille alors installée à L’Isola Santa.
Le Village a été en grande partie recouvert d’eau après la construction de la digue.
L’ église et le haut du village sont encore visibles aujourd’hui.
A son grand regret, comme à celui de son institutrice, la Nonna fût contrainte de quitter l’école dès l’âge de huit ans. De son enfance, qu’elle ne décrit pourtant pas malheureuse, il lui reste le souvenir d’avoir gardé les chèvres et d’avoir été « louée à la saison » pour la cueillette des olives et des châtaignes.
Elle se maria à 21 ans et elle aime à dire que ce fut « avec le plus beau garçon » della Cerreta, un petit village près de l’Isola Santa.
Il casone : maison de la belle famille della Nonna.
Quatre enfants sont nés de cette union. Dès que les ainés furent d’âge scolaire, elle souhaita venir à la ville…car « il falllait les intruirent ».
Toute la petite tribu s’installa alors à Barga à quelques kilometres de là.
barga
En 1955, parents et enfants émigrèrent en Corse. (la soeur ainée qui allait se marier, resta en Italie).
Ce déracinement fut l’un des moments les plus douleureux pour toute la famille.
A presque 50 ans, la Nonna dûe s’adapter à une nouvelle existence dans un pays et un environnement nouveau, parfois difficile… et elle tenu bon.
En 1980, ayant perdu son compagnon, la Nonna quitte la Corse et vient vivre à Nice ou sont installés ses deux garçons.
Vingt trois ans plus tard, ne pouvant plus vivre seule, la voilà en région parisienne auprès de sa fille.
A la fois aimée, estimée et crainte ce p’tit bout de femme, courageuse, sensible, généreuse et non moins sévère, est et reste, une figure emblématique et le ciment de notre famille.
…Au crépuscule de sa vie, voici le poème que mon mari lui dédie :
La Nonna* « d’avant ».
Parvenue à l’hiver de sa vie
La Nonna par le temps a subit
avanies, offenses et outrages
Corollaires têtus du grand âge.
En place de ses cheveux jais
Celui qui ne renonce jamais
A tricoté au fil des ans
Un beau petit nuage blanc.
Dans sa mémoire trouée
Que de souvenirs effacés
Que de mots reclus
Que d’images à jamais perdues.
Mais elle n’est pas venue l’heure
Ou s’effacera de notre coeur
La nostra Mamma, notre maman
la nostra cara Nonna « d’avant ».
gb.avril 2007
*la Nonna : la grand mère, la mémé en italien.